La science médiévale de Tolède

Date / Heure : 28 mai 2021 (21 h 00 min - 22 h 30 min)

Emplacement : SAP


La science médiévale de Tolède : le cas de Michael Scot.

Conférencière : ARIZALETA, Amaia. Professeure d’études médiévales hispaniques, Université Toulouse Jean Jaurès.

Des stéréotypes perçoivent le Moyen Âge comme une période de stagnation intellectuelle. Or, il n’en est rien : le Moyen Âge fut un point d’inflexion dans l’histoire des sciences. Un panorama de l’activité scientifique qui se développa à Tolède au tournant du XIIème et du XIIIème siècle permettra de présenter l’évolution de quelques-unes des disciplines fabriquées dans cette ville castillane. La conception médiévale du savoir et de la méthode scientifique seront illustrées grâce à la figure de Michel Scot, l’un des pivots de la vie intellectuelle de cette période et bon exemple des relations qui existaient alors entre Orient et Occident dans le domaine des sciences.

Les arts du quadrivium (arithmétique, musique, géométrie et astronomie) apparaissent en bonne place dans les divisions des sciences proposées par certains maîtres du XIIème siècle ; ils sont complétés par de nouvelles disciplines à l’occasion des traductions faites depuis l’arabe : les savants musulmans qui traduisirent les textes grecs scientifiques et philosophiques les ont assortis de commentaires et, notamment pour l’astronomie, d’œuvres originales. Après une première vague de traductions qui eut lieu en Italie du Sud dans la seconde moitié du XIème siècle, une deuxième et troisième vague accéléra le mouvement de traduction, en Castille (et ailleurs), aux siècles suivants. La ville de Tolède était riche en manuscrits scientifiques arabes. Elle attira de nombreux savants anglais et italiens qui travaillèrent avec les traducteurs locaux. C’est à Tolède que l’Almageste de Ptolémée fut traduit en latin, vers 1150, par Gérard de Crémone, à partir de sa version arabe ;  la ville acquit une excellente réputation de centre de traduction et d’échange de textes.

L’astronomie et l’astrologie prirent un grand essor, les lettrés occidentaux découvrirent les œuvres originales de penseurs musulmans et prirent conscience de la réalité du monde physique et de de son autonomie foncière. Nous nous intéresserons particulièrement à l’astronomie et à l’astrologie, lesquelles n’ont pas toujours été différenciées par le savants médiévaux. Dans l’Occident chrétien comme dans l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, déterminer les influences astrales sur la Terre reste l’un des objectifs de la connaissance du monde, même si au Moyen Âge, l’astronomie a pour but de prédire les positions du Soleil, de la Lune et des planètes.

Les savoirs du Moyen Âge central, qui s’inscrivent dans un cadre cosmologique général, se matérialisent parfaitement dans la figure de Michel Scot, philosophe, astrologue et traducteur d’Aristote actif entre Tolède et l’Italie au premier tiers du XIIIème siècle. Son œuvre foisonnante et éclectique est composée alors que la nouvelle science naturelle aristotélicienne est progressivement assimilée par les savants occidentaux. La renommée de Scot, fut grande entre les chrétiens et les non-chrétiens ; il fut l’auteur, entre autres, du Liber introductorius, un mélange de savoirs différents (cosmologie, médecine, musique), sous l’égide de l’astrologie.

 

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